la boule de Nancy ? fi de vos souffrances !

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D’aucuns m’ont judicieusement suggéré de parler de cette miraculeuse boule de Nancy !

Il n’est point ici question de décoration de Noël ou d’un jeu de société mais bien de médications très en vogue au XVIIIe siècle…

Les notices de l’époque évoquent un médicament pour les affections multiples : crises hypocondriaques, hystériques et vaporeuses, les poumons, la gravelle, les coupures, les hémorragies, les migraines, les coliques, les fluxions, les dislocations, les pleurésies, les sciatiques, les rhumatismes, la dureté de la rate, les extraction d’épines, où qu’elles soient, les affaiblissements de l’estomac, la lenteur du flux menstruel, la phtisie (sans hémorragie ni fièvres lentes continues), la suppuration des reins, la goutte, la fièvre au long cours, les inflammations du gosier, de la langue, les ophtalmies, les plaies récentes, les contusions, les foulures, les entorses, les fractures…

Les boules de Nancy étaient réputées pour lutter contre les contusions, foulures, meurtrissures et pour nettoyer les ulcères.

boule de nancy medicament

Les boules d’acier vulnéraires portent tout un tas de noms variés : « globuli martiales », « boule vulnéraire d’acier », « boules de Nancy », « véritable boule vulnéraire de Mars », « boule d’acier tartarisé » ou encore « boule de la Grande Chartreuse » ou « boule médicamenteuse ».

L’incorporation des plantes vulnéraires (désigne de manière générale ce qui est propre à la guérison des plaies ou des blessures) est une spécialité de Nancy, apparue au début du XVIIIème siècle.
Les boules de Nancy furent fabriquées par les apothicaires mais aussi des particuliers, tous concurrents. La formule et le mode de préparation étaient, à l’époque, gardés jalousement secrets.

La préparation la plus ancienne est parue dans Le Médecin des Pauvres de Paul Dubé vers 1675 : elle s’appelle la “pierre d’acié” et se prépare avec de la limaille d’acier, du tartre et de l’eau-de-vie. 

Le nom de boule médicamenteuse est introduit par Jean-Adrien Helvetius pour un médicament de ses boîtes de remèdes dès 1706.
A Nancy, la boule-médicament fut vulgarisée par le Pharmacien Millot vers 1786 et commercialisée avec un prospectus la présentant comme la « Boule ferrugineuse vulnéraire Millot de Nancy ». Le fer lorrain était de très bonne qualité et reconnu en tant que tel depuis toujours.

Le produit solide obtenu par trois évaporations successives de mélanges de limaille de fer et de tartre, macérés dans des décoctions des espèces vulnéraires. La pâte est mise en forme de boules de 30 grammes.

Pour s’en servir, la boule est trempée dans l’eau qui en dissout une partie : c’est cette “eau de boule” qui est employée.

Ses indications, sous forme de boisson, correspondent aux besoins de fer de l’organisme.
En usage externe, l’eau de boule sert d’hémostatique et de vulnéraire. La formule remonte au XVIIe siècle.

Un ruban inclus dans la boule permet de la suspendre pour la sécher à l’air. La boule de Nancy se reconnaissait quant à elle par la croix de Lorraine qu’elle portait et à son ruban de suspension.

La boule de Nancy sera intégrée dans la Pharmacopée française jusqu’en 1972, avant de tomber en désuétude face de nouveaux médicaments contenant du fer plus efficaces.

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sources

https://www.objetsdhier.com/

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http://www.professeurs-medecine-nancy.fr/

Un commentaire pour “la boule de Nancy ? fi de vos souffrances !

    SUBRA said:
    6 novembre 2019 at 18 h 29 min

    Je suis collectionneur de bouteilles à bille.
    En faisant une recherche , j’ai tapé boule au lieu de bille et je suis arrivé sur votre blog.
    J’ignorais l’existence de ces boules miracles.
    J’ai également un blog au sujet des bouteilles à bille :

    lesbillesafran6.blogspot.com

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