à la découverte des officines d’exception

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Nancy Tourisme marque la rentrée avec le numéro 11 de son magazine. Une centaine de pages qui font vivre notre cité entre histoire, gastronomie, vie des entreprises…

nancy histoire des pharmacies art nouveau

Autant de sujets captivants, dont celui-ci qui nous emmène à la découverte des officines d’exception …

A la découverte de 3 pharmacies Art nouveau & Art déco de Nancy

 

Le courant Art nouveau a fait florès en Lorraine grâce à l’École de Nancy.
En architecture, ses courbes organiques et ses motifs végétaux se retrouvent sur de nombreuses demeures de la cité ducale, telles que la Villa Majorelle ou la Maison Chardot. Ils agrémentent également certains commerces parmi lesquels trois pharmacies encore visibles – et d’autres aujourd’hui disparues – qui furent rénovées ou bâties selon cette esthétique, à la charnière du 19e et du 20e siècle. Une quatrième s’inscrit dans le mouvement artistique qui lui a succédé, l’Art déco.

 

Partons à la rencontre de ce patrimoine d’exception !

À quelques pas de la place Stanislas, la rue des Dominicains a gardé intacte sa vocation à accueillir les échoppes prestigieuses de la ville.
Deux vitrines témoignent, au début de l’artère, du style Art nouveau appliqué à un édifice commercial.

 

nancy pharmacie rue des dominicains scotch & soda

Au numéro 4, l’actuel Scotch & Soda, avec sa porte en croix et ses boiseries sombres œuvres d’Eugène Vallin, fut longtemps la boutique d’un tanneur.

 

 

 

Au numéro 6, là où Longchamp est désormais établi, se trouvait au 19e siècle la pharmacie Monal. Vous pouvez encore y remarquer les pommes de pin, dans les angles supérieurs de la devanture, et apprécier les courbures des ferronneries de la porte. Pour des raisons d’espace, l’enseigne se déplace au début du 20e siècle vers le numéro 38 de la rue des Dominicains. À cette époque, outre l’accueil des patients, les pharmaciens se livrent en effet à la confection de médicaments à la formule dans une pièce nommée « Préparatoire », à des transformations chimiques dans un laboratoire, et conservent plantes médicinales et ingrédients dans des caves et des greniers dédiés. De nos jours, l’officine existe toujours et porte le nom évocateur de Pharmacie du Ginkgo.

 

nancy pharmacie du gingko   nancy pharmacie du gingko

Une appellation qui renvoie à l’une des plantes symboliques du mouvement Art nouveau et dont vous pouvez découvrir des représentations sur les ferronneries extérieures mais aussi à l’intérieur. La mosaïque, au sol, ainsi que les boiseries des meubles du comptoir aménagés par Louis Majorelle figurent d’ailleurs parmi les plus belles réalisations de l’École de Nancy. La devanture, travail de Paul Charbonnier, a gardé les colonnes de fontes et les fougères ouvragées d’origine.

Passez les portes…

 

De la rue des Dominicains, empruntez la rue Saint-Georges où se trouve une autre enseigne notable.

 

L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

 

À l’angle que l’artère forme avec la rue Saint-Dizier, vous remarquerez l’immeuble de la Pharmacie du Point Central.

 

nancy pharmacie du point central

 

Sur ses deux façades, une mosaïque bleutée signée Antoine Ebel est ornée de représentations florales.

 

nancy histoire des pharmacies art nouveau


Datant des années 1920, cette décoration symbolise la transition entre École de Nancy et courant Art déco, période durant laquelle les artistes passent, en résumé, d’une inspiration organique à une esthétique plus géométrique. En entrant dans l’officine, il vous faudra approcher les portes de placards, où vous pourrez aviser des détails de bois en forme de champignon.

 

 

 

Puis, en remontant la rue Saint-Jean, quelques minutes de marche vous conduiront à la rue de la Visitation (sur votre droite). Au numéro 12, se trouve la Pharmacie Centrale (anciennement Rosfelder, création de l’architecte Émile André datant de 1902).

 

 

 

Outre sa façade en carreaux de grès signée Alexandre Bigot, les deux portes monumentales qui entourent la vitrine actuelle vous replongeront dans l’Art nouveau : d’inspiration gothique, elles détonnent par leur boiserie en forme d’ogive, autour de laquelle des nervures en métal viennent, là encore, souligner la glorification de la nature. En prenant un peu de recul, vous pourrez apprécier un clin d’oeil de l’artiste : les coins supérieurs des deux battants ressemblent à des plumes de paon, oiseau dont on peut alors s’amuser à imaginer le profil en considérant que les poignées sont sa tête. Levez les yeux…

 

 

Dirigez ensuite vos pas vers la gare de Nancy, traversez le pont sur l’avenue Foch et gagnez la rue de la Commanderie.

 

nancy pharmacie jacques art nouveau

 

À l’angle avec la rue Jeanne d’Arc se trouve une autre façade remarquable : la Pharmacie Jacques, construite en 1903 par Lucien Bentz. Il vous faudra courber un peu la nuque : des formes des traverses de fenêtres aux sculptures d’Auguste Vautrin présentes sur les trumeaux, en passant par les allèges et les garde-corps, sans oublier le caducée à double serpent au-dessus de la porte d’entrée, tout ici évoque la flamboyance de l’Art nouveau ! Et vous noterez la ressemblance des motifs végétaux choisis avec la flore médicinale, en particulier les pavots et les clématites.

 

 

Vous rejoindrez enfin votre dernière étape en descendant la rue Jeanne d’Arc, jusqu’à l’avenue du Général Leclerc, que vous remonterez vers le nord-est, pour aboutir à l’intersection avec la rue du Colonel Renard.

 

La jolie bâtisse sur votre gauche, intégrée au prestigieux parc de Saurupt, fut de 1909 à 1922 la Pharmacie Mouzin.
On peut encore y apprécier la sculpture de digitale décorant l’ancienne porte d’entrée. Un vestige unique, fruit de la créativité de l’architecte Léon Cayotte, qui témoigne là encore du désir des artistes de l’École de Nancy d’agrémenter les commerces et les bâtiments d’usage populaire d’une touche esthétique notable.

Thomas Chouanière

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Ces chères disparues

Si Nancy peut s’enorgueillir d’une concentration d’officines aux décors authentiques, d’autres n’ont malheureusement pas pu conserver leur aménagement ou façade d’origine, à l’image de la Pharmacie Principale (anciennement Delidon), 20 rue Saint-Dizier.

D’autres ont fermé et les marques d’éléments Art déco ou Art nouveau qui les caractérisaient ont disparu, comme c’est le cas pour l’ancienne Pharmacie Fandre qui se situait 4 rue Raymond Poincaré. Le mobilier de cette dernière a toutefois subsisté, il est en partie visible au Musée de l’École de Nancy.

Enfin, de la Pharmacie Godfrin (dite « Pharmacie anglaise »), sise 13 rue Gambetta, il ne reste que quelques photographies pour se rappeler qu’elle figurait elle aussi parmi les officines esthétiques du centre-ville.



lire le magazine Nancy Tourisme n°11- ici

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